Origine des produits

A la recherche de la quintessence des plantes !

Dadès, espace humain et géographique

undefinedLa vallée du Dadès s'étend le long de la rivière Dadès, entre le Haut-Atlas et l'Anti-Atlas. Elle est coupée en deux par la route Nationale qui relie Errachidia de Ouarzazate au niveau de la Ville de Boumalne. La partie en amont de la ville de Boumalne, correspond à la zone montagneuse et se présente sous la forme d'une vallée très étroite : les gorges du Dadès. La partie en aval est plus large et atteint deux kilomètres à certains endroits. Il s'agit d'une zone saharienne de moyenne montagne. Le climat est de type semi-aride, la pluviométrie moyenne est de l’ordre de 150mm. La température moyenne est de 16°C avec des minima qui atteignent –5.7 et des maxima de 40°C. La vallée est un poumon de verdure dans un décor totalement minéral. C'est aussi un havre de fraîcheur l'été, en comparaison avec la chaleur ambiante!

Cette vallée est densément peuplée, avec une concentration très importante de villages le long de la rivière. Ils se touchent les uns les autres sur des dizaines de kilomètres! La population est d'environ 200.000 personnes dans la vallée et compte 35.000 exploitations agricoles. 85% de la population vit en milieu rural et le taux d'accroissement moyen est de 2%. Les moins de vingt ans sont ainsi très nombreux : 56% de la population.

 

L’agriculture et l’élevage les principales activités de la vallée

undefinedAgriculture et élevage constituent traditionnellement la principale activité de la population. Un vieil adage de la région dit que "la vie repose sur deux éléments fondamentaux : la houe (aguelzim) et la brebis (tili)". A défaut de l'un ou de l'autre, l'homme est traditionnellement livré à la misère. Toutefois, on assiste dans la région à un fort développement de la maçonnerie, de l'artisanat et du commerce, sous l'impulsion de l'apport financier, mais aussi culturel, des ouvriers émigrés en Europe. Ainsi, le béton commence à concurrencer sérieusement la construction traditionnelle en pisé (terre séchée mélangée de paille), qui a pourtant tous les avantages en matière de prix, d'isolation et de rendu esthétique...

Les terres cultivées sont morcelées en parcelles très petites, comparables à des jardins. De plus, les exploitations comptent un grand nombre de parcelles (en moyenne 9 par exploitation), souvent dispersées. Le travail de la terre est effectué au moyen d'outils traditionnels : l'araire tirée par les mulets et la houe. La terre est enrichie essentiellement en fumier car l'utilisation d'engrais est une pratique encore peu répandue.

Les parcelles sont souvent séparées par des arbres fruitiers ou des rosiers et elles sont irriguées à l'aide de petits canaux de déviation. Traditionnellement, les produits de l'agriculture familiale sont destinés à alimenter une quinzaine de personnes et autant d'animaux. La plupart des agriculteurs (90%) sont propriétaires des terres qu'ils travaillent. Mais les terres sont inégalement réparties : 4% d'entre eux disposent de 37% des terres, contre 63% qui n'en ont que 26%. Ce manque de terres cultivables chez certaines familles allié à une forte poussée démographique et à un fort chômage sont les raisons d'un important exode rural qui se poursuit dans la région.

Les femmes sont, sur l'année, les principales actrices de l'agriculture. En effet, ce sont elles qui désherbent à la main, qui ramassent les récoltes. Les enfants irriguent les terres. Quant aux hommes, ils viennent donner un coup de main lorsqu'il s'agit de semer et de conduire les bêtes pour labourer.

 

undefinedLes ressources en eau

L'eau constitue le principal problème dans la région, surtout depuis les trois dernières années, marquées par une sécheresse prolongée. La distribution de l'eau est rationnée et s'effectue suivant des droits anciennement établis. En amont de Boumalne, chaque village connaît ses journées de droit, mais il y a une certaine tolérance dans le tour d'utilisation du fait que l'eau est abondante. En aval, où se trouve l'essentiel des terres cultivables, l'eau est insuffisante et l’on constate une certaine rigueur dans la distribution de l'eau. Le réseau d’irrigation est un réseau traditionnel, constitué de très longs canaux (targa) en terre. Toutefois les canaux principaux sont de plus en plus souvent en béton. Quant au pompage, il est quasiment inexistant, mais tend à se développer car il présente l'avantage de fournir de l'eau en toute saison.

 

Les fruits et les légumes

undefinedEn amont de Boumalne, les agriculteurs se sont investis dans les pommiers notamment. Le problème, c’est qu'il n'existe pas de coopérative dans la région, qui leur assurerait des prix décents à la vente sur les marchés des grandes villes. Leur production est donc écoulée à un prix ridicule au souk local. "Il manque une véritable volonté de la part des agriculteurs de travailler ensemble" d’après un technicien de l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole (ORMVA) "Si l'ORMVA monte tout seul la coopérative, ce sera un échec", assure-t-il. A part la coopérative de transformation de roses déjà existante, les projets de coopératives proposés par l'ORMVA aux agriculteurs au début des années 90 (coopérative laitière, coopérative fruitière...) sont restés dans les cartons. Le lait, les figues sont donc toujours envoyés à Marrakech ou à Ouarzazate. C'est dommage car l'agriculture risque de rester une agriculture de subsistance, non rentable et faisant vivre de plus en plus difficilement les agriculteurs.

L'arboriculture est extensive, très diversifiée et variante le long de la vallée. Sa production est exclusivement consacrée à la vente, à un prix modique, faute de coopérative locale. En amont de Boumalne, en raison d'un climat plus frais, on trouve donc essentiellement, comme nous l'avons dit, des pommiers mais aussi des noyers. En aval, avec quelques degrés gagnés, on voit apparaître des palmiers dattiers! Le figuier est l'arbre de loin le plus cultivé et le fruit est séché pour une commercialisation ultérieure. Puis viennent par ordre d'importance l’olivier, l'amandier et l'abricotier. On trouve aussi des pêchers, des grenadiers, des orangers...

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undefinedLe maraîchage concerne de très petites surfaces et est destiné à l'autoconsommation. La fève constitue la principale légumineuse alimentaire. La pomme de terre connaît un grand essor, en raison de sa productivité à l'hectare et de sa consommation aisée.Les céréales occupent plus de 70% des surfaces utilisées. Elles sont le principal aliment de base de l'alimentation et assurent la sécurité alimentaire de la population en cas de sécheresse, car elles se prêtent mieux à une longue conservation. Elles sont entièrement destinées à l'autoconsommation. Les principales céréales sont le blé, l'orge et le maïs. On constate une utilisation optimale des terres cultivables, ces dernières étant très rares: elles ne représentent en effet qu'1% du territoire dans la région! Le système de cultures est dominé par la céréaliculture, la culture de la luzerne, le figuier et le rosier comme culture de rente.

 

L'élevage est une activité primordiale

L’élevage se présente sous deux formes principales: l'élevage domestique, et l'élevage extensif. L'élevage domestique, essentiellement ovin et bovin, contribue de façon non négligeable au revenu des agriculteurs (en moyenne à 47%). Le nombre de moutons ne dépasse pas vingt têtes par famille. On trouve aussi dans chaque famille un âne ou un mulet destiné à aider aux travaux des champs. L'autoconsommation porte essentiellement sur les caprins et les bovins, tandis que les ovins sont généralement commercialisés. Soit le gardiennage des moutons est fait par les enfants et les vieux de la famille, autour du village, soit il est à la charge d'un berger collectif payé par les habitants du village. Le troupeau est conduit dans les environs du village, mais rentre le soir dans les étables. La taille du troupeau oscille alors entre 30 et 500 têtes.

L'élevage extensif est dominé par les espèces ovines (66%) et caprines (27%) élevées sur de vastes terrains de parcours entre l'Anti-Atlas l'hiver et le Haut-Atlas l'été. La transhumance est toujours d'actualité, car vitale pour la survie du troupeau. L'élevage extensif, en raison des effectifs élevés des troupeaux et du fait qu'il constitue la seule source de revenu pour le pasteur nomade, est étroitement lié aux aléas climatiques. La vie, voire la survie de ces sociétés pastorales, dépend malheureusement de la seule clémence du ciel. Les éleveurs ont comme uniques revenus la laine de tonte (1,5 kilogrammes par an et par tête rapportant environ 15 dirhams –1,5euro) et la vente de bétail, dont le prix est directement lié aux conditions climatiques (le prix chute en période de sécheresse, car il est alors plus difficile et plus coûteux de nourrir le bétail).

Dans cet espace oasien, l’Association Féminine de Développement de la Famille dans la Vallée de Dadès (AFDF) est née pour revaloriser les ressources naturelles et les savoir-faire locaux dans le cadre du Commerce Equitable.

 

Genèse d'une initiative féminine ambitieuse

C’est Madame Naïma FDIL qui a eu l’idée d’accompagner, au début, quelques femmes du Village Aït Majbar pour créer l’Association Féminine de Développement de la Famille dans la Vallée de Dadès, l’AFDF. Madame Naïma FDIL est parmi les rares femmes du village qui ont pu finir leurs études supérieures. Elle est docteur en biologie végétale et est travaille à l’université de Marrakech. C’est elle qui supervise la production de l’association. Le village se caractérise par un isolement économique et géographique. C’est ainsi que l’AFDF a été créée le 07 avril 2005.

 

Village Aït Majbar : situation et potentialités

undefinedLe douar d’Aït Majber est situé à 330 km au sud-est de Marrakech (huit heures de route en voiture) au cœur de la vallée de Dadès; les habitants du village (environ 500 personnes) se sont installés de part et d’autre de l’Oued qui partage la vallée en deux rives. La population de la rive Est (sur la montagne) souffre d’un isolement : pour accéder à cette partie du village, il faut emprunter un raccourci à pieds de 3 km via les champs et l’oued, pendant l’hiver l’oued déborde et ce passage se bloque pendant des mois. En voiture, il faut parcourir 10 Km de route jusqu'à Boumalne Dades et traverser une piste cahoteuse de 8 km sur la montagne au-dessus de la vallée.

A Ait Majber, comme dans tous les villages du Maroc ainsi que dans les sociétés traditionnelles marocaines, la femme est le piler de la famille ainsi que de la société. Outre ses engagements domestiques, elle a la charge de l’élevage (brebis, vaches….), elle transporte à longueur de journées sur ses épaules des masses d’herbes et de paille des petits lopins de terre vers les maisons où sont abrités les animaux; à cette tâche s’ajoute celle du travail dans les champs (culture en terrasse, maïs, orge, roseraies, amandiers et oliviers).

Les habitants du village Aït Majbar vivent grâce à la production de leurs petits champs: les amandes livrées à bon prix, les roses dont le prix calamiteux est déterminé annuellement par une multinationale installée à 20 km. L’huile d’olive, l’orge et le maïs sont la base des repas .

«Pour faire face à tous ces problèmes, nous avons créé une association de femmes au sein de notre village»affirme Naïma, «au sein de laquelle, les femmes ont exprimé leur désir d’améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs enfants en participant activement à la réalisation de cet objectif». undefinedL’association leur a permis d’avoir des ressources supplémentaires, mais les femmes ne s’arrêteront pas là, et ont décidé d’aller loin…Un projet est en cours de réalisation en partenariat avec la Plateforme Marocaine pour un Commerce Equitable, l’association Trading Fairly (France) et les acteurs locaux. Il s’agit de faciliter l’accès à la scolarisation des enfants du village, entre 3 et 5 ans. Une partie des fonds sera investi dans l’achat des tables, chaises, et tout l’équipement nécessaire pour que les enfants puissent être scolarisés dans des conditions normales et favorables. Les villageois ont participé au projet par la fourniture des terrains et la construction de l’école; c’est un vrai projet concerté qui vise à faire participer les acteurs locaux, à savoir la population, au projet.

 

Les objectifs de l'association

La formation et l’appui aux femmes désireuses d’acquérir un métier comme source génératrice de revenus;

 

Le site de production

undefined«Notre premier projet qui s’est concrétisé grâce au soutien de la Plate forme Marocaine pour un Commerce Equitable (PMCE) et l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) est la création d’un site de production de produits de beauté naturels à base de l’huile d’argan: notre ligne rêve de femme offre tout ce qu’il y a de beau, de sain et de naturel pour le corps et l’esprit. Notre ligne rêve de femme présente de l’huile d’amande douce à base d’amandes sauvages, de l’huile d’Argan pure, des huiles de massage aux huiles essentielles et à base d’Argan, du savon noir aromatisé aux huiles essentielles,  des sérums pour le visage à base d’Argan, et des huiles essentielles pour le sauna et  la diffusion. Actuellement, grâce à la PMCE, nos produits sont commercialisés en Europe, notamment en France, en Italie et en Allemagne et nos clients sont très satisfais de la qualité de nos produits. Notre huile d’Argan à usage cosmétique conserve toutes ses qualités pendant deux années dans des conditions favorables» affirme Madame Naïma FDIL, présidente de l’association.

undefinedLa vocation de l’association dans le cadre du projet est de:

L'ensemble des activités des femmes s'oriente vers:

Pour mener à bien cette politique, l’association Afdf a défini Les objectifs suivants:

 

La mise en place des filières cosmétiques par l’AFDF

Le site de productiundefinedon a pour activité la fabrication de produits naturels à haute valeur ajoutée dont les ingrédients sont issus des champs de la vallée, ce qui revient à lancer et promouvoir des activités génératrices de revenus au profit des femmes de Ait Majber.Le projet consiste a assister les femmes dans une démarche de formation, de production et de commercialisation. Cette démarche se fonde sur les critères du développement durable et du commerce équitable.

undefinedLa première filière qui a été mise en place est la rose centifolia marocaine. La vallée de Dadès, lieu unique de production de cette rose au Maroc, est le troisième site au monde où se cultive cette rose avec toutes ses qualités, le secteur est actuellement monopolisé par des multinationales qui imposent des prix d’achats dérisoires. Ces multinationales qui ont des usines se trouvant, soit sur place soit à Casablanca, extraient l’huile de rose qui sera par la suite commercialisée auprès des grands parfumeurs français et européens. Le pire c’est que localement, c'est-à-dire dans les boutiques de la Vallée de Dadès, on  trouve de l’eau de rose, des savons et une panoplie de produits dérivés de l’eau de rose de synthèse!

undefinedIl est légitime que les femmes de la Vallée exigent une reconnaissance de leur savoir-faire ainsi que de leur effort.

Le projet vise aussi à valoriser d’autres productions agricoles de la vallée notamment l’amande douce, les noix d’abricots ainsi que des plantes médicinales de la région. Outre leurs utilisations gastronomiques, il est temps d’introduire des principes simple de transformation qui vont offrir à ces matières premières une haute valeur ajoutée.

 

Produits et procédés de fabrication

Les produits concernés sont l’huile d’amande douce, l’huile d’argan, l'eau de rose, le savon noir, le rhassoul, les huiles pour le corps…

 

undefinedTechniques d'obtention

La distillation (par entraînement à la vapeur) de la rose centifolia et selon les saisons, la distillation de certaines plantes caractéristiques de la région telles que le thym, l’armoise, la verveine et la sauge…

L’extraction de l’huile d’amande douce, et des noix d’abricots produits des champs du village, par pression à froid.

C’est la même technique qui est utilisée pour extraire l’huile d’argan.

Fabrication des huiles pour le corps: dillutions des huiles essentielles dans l’huile d’argan.

Fabrication de l’huile de rose par macération de la rose sèche.

Fabrication du savon noir par saponification de l’huile d’olive extra vierge. Rhassoul aromatisé à l’huile essentielle de lavande et aux plantes : incorporation de l’huile essentielle et puis une infusion des plantes aromatiques et médicinales.

Nous consulter pour les fiches détaillées de fabrication.

 

Bénéficiaires du projet

Les bénéficiaires de ce projet sont directement et principalement les femmes du douar Ait Majber (80 femmes) appartenant à 30 familles. Les bénéficiaires indirects sont tous les paysans de la région qui souhaitent fournir le site en matière première.

L’AFDF donne une importance particulière aux projets de santédans la Vallée :

Dans le cadre d’un partenariat entre l’association féminine pour le développement de la famille à Oued Dadess(Afdf) et l’association de lutte contre les maladies infectieuses (Almi) sise à la faculté de médecine de Marrakech, une mission sanitaire a été organisée sur la vallée de Dadès au bénéfice de 800 enfants âgée de 4 à 14 ans inscrits à l’école centrale de Ait Hammoucerc, le souk Lakhmiss, Boumalne Dadès. L’équipe médicale s’est composée d’un professeur en pédiatrie, un professeur en neurologie, un professeur en microbiologie, sept médecins, et une équipe du Laboratoire. L’Almis’est occupée du côté médical (consultation, médicaments, analyses…..), l’Afdf s’est occupée de l’organisation générale de la mission, inscription des enfants, remplissage des fiches de consultation, logement, nourriture et déplacement de l’équipe médicale (15 personnes). Les 800 enfants ont bénéficié de consultation pédiatrique générale et spécialisée, d’un traitement gratuit en cas d’infection ou maladie et d’un écho-cardiogramme, suite à une remarque émise par la présidente de l’Afdf qui se résume au fait que le Rhumatisme articulaire aigu est fréquent sur la vallée de Dades, sans que les raisons en soient bien discernées. Cette mission a confirmé cette réalité.

L’AFDF concrétise régulièrement des actions de santé pour les habitants du Village mais aussi pour les habitants de la Vallée, et ce en partenariat avec des universitaires, des centres de recherches et des autorités locales et provinciales.

 

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